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Les accélérateurs accélèrent-ils vraiment?

De nombreuses startups ont connu des croissances vertigineuses ces dernières décennies et les opportunistes n’ont pas mis de temps à comprendre qu’un besoin était naissant, qu’un problème allait devoir être résolu : la difficulté à voir sa croissance accélérer en masse. Si l’on connaît les Success Stories de Facebook, Airbnb, ou Criteo ( « La plateforme publicitaire pour l’Internet ouvert »), toutes les startups ne connaissent pas de tels succès. Et c’est de ce problème que sont nés les accélérateurs et autres incubateurs : le manque d’accompagnement et de structure avant d’accéder à la croissance folle. Mais ces structures d’accompagnement sont-elles vraiment indispensables?

Les structures d’accompagnement et d’hébergement

Il en existe plusieurs types et essayons de comprendre comment elles s’articulent et quels sont leurs objectifs.

Pépinière, incubateur, couveuse, village d’entreprise, accélérateur, écosystème de startups, campus de startups : autant de dénomination qui désignent des offres visant à travailler avec les startups. On peut les trier grâce au stade d’avancement de la startup lorsqu’elle rentre en accompagnement ou en hébergement. Vient en premier la couveuse qui permet à tous ceux qui ont envie de se lancer de venir tester leur projet.

L’incubateur est la seconde étape et ils sont relativement nombreux : selon une étude menée par l’incubateur Keirus, ils étaient 233 en 2016 en France.  Ils accompagnent le projet, sur les points techniques et sur les points commerciaux. Les startups peuvent bénéficier d’une aide au développement, d’un réseau de partenaires techniques pour industrialiser le produit (s’il s’agit de Hardware), et de partenaires qui peuvent devenir de futurs clients. L’incubation se fait sur une période de 6 à 18 mois.

Les accélérateurs sont les structures qui vont permettre de faire croître la croissance sur une période plus courte à l’image de Techstars. L’objectif est d’aboutir sur une levée de fonds à l’issue d’un peu plus de trois mois d’accélération. EyeLight, une startup toulousaine, a eu la chance d’intégrer la première session parisienne l’an dernier alors que LCB Industries y est actuellement en accélération.

En parallèle, d’autres structures proposent aux startups d’évoluer dans des locaux communs. Le plus connu, Station F par Xavier Niel, mais aussi l’IoT Valley sur Toulouse sous l’impulsion de Sigfox et de Ludovic Le Moan, regroupent de nombreuses startups dans un environnement favorable (l’IoT Valley, tout en proposant des locaux pour les startups IoT B2B, est surtout un écosystème d’accompagnement accueillant des startups en incubation et en accélération). L’objectif est de concentrer le savoir, la technologie, et surtout un état d’esprit pour maximiser les chances des startups de réussir.

Les accélérateurs : un coup de frein?

Toutes ces étapes ne sont pas obligatoires, pourtant la majorité des startups prennent part à ces écosystèmes ou programmes. Ces accélérateurs accélèrent-ils vraiment?

Ces programmes ont-ils une réelle valeur pour les startups? A trop vouloir être accompagnée, la croissance des startups ne serait-elle pas freinée? Au-delà du contenu de l’accompagnement, c’est le business model de ces programmes sur lequel il faut se pencher. Comme vous pouvez l’imaginer, ces structures n’accompagnent pas les startups par pure charité. Certaines basent leur Business Model sur l’accompagnement à l’instant t : ils facturent le coaching et les locaux pendant l’accélération. D’autres misent sur la réussite de leurs startups (et donc sur le succès de leur accompagnement) en ne prenant uniquement un pourcentage à partir d’un certain niveau de revenus (souvent entre 3 et 10%). Et c’est là qu’est la différence entre les structures qui souhaitent vraiment aider les startups et celles qui veulent faire croître leur business. En basant son modèle de revenu sur le succès des startups, notre premier type de structure font un véritable pari sur leurs poulains et sur toute l’aide qu’ils leurs apportent. Le deuxième type de structure facture immédiatement un coaching dont ils n’ont aucune visibilité sur le succès.

Cela brise le mythe de la conquête du monde dans une cave avec trois ordinateurs et une connexion wifi, mais les startups ont aujourd’hui la chance de pouvoir bénéficier d’une aide précieuse de la part d’entrepreneurs expérimentés, ne reste plus qu’à choisir les bons..

Tanguy Munch

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Les marchés historiques bouleversés, ou comment soulever des montagnes?

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Au fait, c’est quoi une startup ?

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Se faire racheter, une finalité ?

Les rachats semblent être une étape à laquelle on ne peut échapper dans la vie d’une startup. On ne les compte plus tant cela est devenu monnaie courante !

Ça sonne comme une fatalité ? Pas tant que ça ! Les conseils pour taper dans l’œil des investisseurs, au bon moment, pleuvent sur le net. Le rachat du français Regaind (spécialisée dans la reconnaissance d’image) par Apple a fait les gros titres en octobre 2017. Une véritable success story ! Et pourtant combien ont déjà soutenu qu’ils lançaient leur startup parce qu’ils croyaient en un projet qu’il ne serait jamais question de vendre ? Quid de toutes ces belles ambitions ? Fin brutale ou renaissance, est-ce qu’il convient de faire du rachat une finalité ?

Du point de vue des investisseurs, les avantages ne sont pas très difficiles à cerner :

  • D’abord, pour garder un œil sur la future concurrence : la startup étant connue pour apporter un regard neuf sur un marché, elle développe des solutions innovantes, qui pourraient, un jour, détrôner un leader.

L’entreprise qui l’a compris c’est Airbus. Grâce au Bizlab, l’entreprise accélère les jeunes pousses de l’aéronautique qu’elle gardera bientôt sous son aile.

  • Ensuite, pour compléter le portefeuille des offres : on rachète la startup et les droits de propriété du produit qui vont avec pour s’implanter sur un nouveau marché ou en récupérer des parts à travers le savoir-faire (Tech Acquisiton/ Tech Integration).

C’est par exemple le cas de Snapchat qui rachète Zenly fin mai 2017 pour 300 millions d’euros environ et se dote de la géolocalisation pour la fonctionnalité « Snap Map ».

  • Enfin pour acheter la notoriété de la startup.

Et du point de vue de la startup ?

Le rachat d’une startup est souvent synonyme de la fin d’une période d’instabilité pour l’entrepreneur, qui en plus peut s’en sortir avec un gros chèque. Dans certains cas, il est également un tremplin : Thierry Brethes, le fondateur de Mobipocket, rachetée depuis par Amazon, est tombé dans le scope de Google, chez qui il est actuellement embauché. Enfin, une startup, qui ne parvient pas à se créer une notoriété mais dont le produit gagnerait à être commercialisé, a tout intérêt à accepter le rachat.

À l’inverse, si l’entrepreneur n’éprouve aucune difficulté à se débarrasser du projet qu’il a pris cœur à développer et décide de travailler avec son investisseur, un risque persiste car la coexistence n’est pas toujours chose aisée (notamment en raison des différentes cultures d’entreprise mais aussi de la perte évidente d’indépendance).

La faible appétence des startups pour les introductions en Bourse, autrement appelées IPO, ne laisse aucune autre solution pour les startups suffisamment matures pour être scalables (c’est-à-dire disposant d’un business model leur permettant de passer sur un modèle de production/diffusion à grande échelle) : 91% des sorties en Europe dans la Tech sont des opérations de cession contre 5% d’IPO et 4% de LBO (Achat à effet de levier). Alors pourquoi ne pas pousser l’aventure un peu plus pour tenter de devenir une licorne ? Après tout n’était-ce pas le rêve premier de chaque entrepreneur ?

 

Louis Cochois

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Que devient l’individu au sein d’une start-up ?

Cela fait aujourd’hui neuf mois que je me suis engagé au sein d’Optimize. J’ai appris que l’entrepreneuriat représente avant tout une aventure humaine, qui veut que l’entreprise devienne dès lors une combinaison d’identités complémentaires qui forment un tout. La start-up promeut alors cette synergie créatrice que l’on nomme : “le collectif”. Ce même collectif qui travaille pour accomplir un objectif commun. J’ai aussi appris qu’au sein d’une start-up nul n’est indispensable. Au contraire, chaque poste est voué à être renouvelé à tel point que je perçois aujourd’hui la start-up comme une entité en rodage. Dans son combat contre le temps, l’entrepreneuriat ne se fige jamais, bien au contraire il évolue au rythme de son cours.

Mais alors, que devient l’individu dans cette structure ? Je vous préviens, je ne recherche pas ici de réponses à de vastes questions existentielles. Par “individu” j’entends non pas un diplôme sur un CV, ni même une position sur un organigramme. J’entends plutôt une sensibilité, une motivation, une capacité de travail propre à chacun. L’individu c’est celui qui signe de son nom lorsqu’il imagine, conçoit et agit au sein de la société civile et a fortiori dans l’entreprise. N’est-il pas alors une pièce maîtresse préalable à la réussite d’une start-up ? Certains me répondront “non car il n’est pas indispensable”. En effet dans les grandes entreprises l’identité s’efface derrière l’entreprise, derrière les identités qui la forment. Mais Facebook serait-il Facebook sans son fondateur Mark Zuckerberg ? Puisque que chacun met une part de lui-même et une part de son imagination dans une entreprise, l’entreprise ne serait celle qu’elle est sans tous les individus qui la forment. Peut-on alors réellement effacer notre individualité derrière le collectif ? Cette question s’applique aussi bien dans la vie que dans une entreprise.

Ne serait-ce pas avant tout une question de responsabilité ? Si j’agis aujourd’hui de telle ou telle manière c’est que je me sens investi d’une certaine tâche. Je ne peux pas me cacher. Dans les grandes entreprises, les tâches sont réparties, mais ce n’est pas forcément aussi évident dans une start-up. Tout le monde travaille dans une entité en construction et où tout se mélange y compris les métiers. Au sein d’une start-up nous ne sommes pas forcément engagés pour un poste mais pour un objectif : participer au développement du projet. Cet environnement laisse alors libre court à la prise d’initiative. Serait-ce alors là que l’individu se manifesterait le plus ? Cependant, il convient de bien délimiter l’étendue de ses capacités et de ses “pouvoirs”. De fait, que devient l’avis et la parole d’un commercial qui critique le travail d’un développeur web par exemple ? Et pourtant, tout le monde est invité à s’exprimer librement. Il faut trouver un certain équilibre et ne pas empiéter sur le domaine de sa/son collègue. Plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsque l’on se sent pleinement investi dans une tâche.

Sur quoi repose la richesse d’un individu dans une entreprise ? Les Hommes s’additionnent pour former un groupe, une entreprise. Bien sûr, l’individu est remplaçable dans l’absolu, mais les relations qu’il tisse avec les autres sont elles uniques et non remplaçables. De là, chacun est unique car il crée des choses uniques.

Que devient alors l’individu au sein d’une start-up ? C’est l’origine, l’expression et la mise en oeuvre de cette dernière. Le collectif c’est cette somme d’individualités qui agissent de façon complémentaire. Milan Kundera a un jour écrit “ les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs“. Il en va de même pour les grandes entreprises qui furent jadis des start-ups. On admire un concept, une idée plus que les personnes qui en sont à l’origine. Mais qu’est-ce qui explique ce décalage ? 

Alexis Ditchi

Ambre, merci pour tes conseils, pour ta patience et pour ta personne inspirante. 

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