Prisonnier de la toile !

Toujours le téléphone à la main,

C’est moi le millénial !

Tard le soir ou très tôt le matin,

Internet m’est vital !

 

Avant, je ne faisais que parler

Via WhatsApp ou Twitter

Certaines fois, je pouvais appeler

Et là, c’était Viber.

 

Mais aujourd’hui j’ai besoin d’argent,

Je deviens autonome.

Moins d’applications, c’est très urgent !

Faut être économe !

 

J’envoie mes CV et mes lettres…

Pitié, qu’on m’appelle !

Au final, je me prends que des « niet »

Quelle « hess » éternelle !

 

Mais, après quelques analyses

J’ai eu une idée top !

Celle d’une création d’entreprise,

Une petite startup !

 

Idée innovante et alléchante

Quelle opportunité !

Venez, venez chers clients gourmands

Venez, vous régaler.

 

Je suis là mais personne ne me voit !

Qu’est-ce qui se passe ?

Plus je m’exprime pour que l’on me voit

Et plus je m’efface…

 

Pourtant ils sont là, sur leurs smartphones

Tout l’temps sur Instagram

Ils m’ignorent alors que je charbonne

Ces Messieurs et dames.

 

Pour donc attirer leur attention,

Nouvelle stratégie !

J’ai changé ma communication,

Pour redonner envie.

 

Des réseaux, je me suis imprégnée,

« Instagram et Facebook »

Tout ça pour une grande notoriété

Et un meilleur look !

 

Je ne suis plus la même personne,

J’ai légèrement changé,

Pour gagner ma vie je me donne

Il faut donc corriger :

 

Toujours le téléphone à la main,

C’est moi l’entrepreneur !

Tard le soir ou très tôt le matin,

Internet à toute heure !

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L’innovation militaire: moteur de la croissance française?

Représentant 50 milliards d’euros en 2018, le budget de l’armée française est le premier budget de France. Avec un investissement à hauteur de 75% dans la recherche fondamentale, l’armée a toutes les cartes en main pour être un des acteurs principaux de l’innovation. Cependant est-ce vraiment le cas?

Sans le savoir, au quotidien, nous utilisons tous des technologies qui étaient à la base des technologies militaires. Si aujourd’hui vous pouvez vous rendre à vos rendez-vous sans utiliser la Carte Michelin ou faire réchauffer vos pâtes en moins d’une minute c’est grâce aux inventions militaires : et oui nous devons à l’armée entres autres, le GPS et le micro-onde !

Petit rappel historique…

Pendant longtemps, l’armée était la seule institution en capacité de produire des technologies de pointe, tout d’abord, cela s’expliquait par le fait qu’elle seule avait la capacité financière de le faire. Cependant, aujourd’hui, dans une société où le secteur privé est très puissant, de grandes entreprises sont capables de mener des recherches et de commercialiser des produits innovants.

En effet, jusqu’à la fin du XXI ème siècle, l’armée était synonyme d’innovation, notamment pendant la Guerre Froide, durant cette période, les deux grandes puissances que sont les Etats-Unis et l’URSS, se livraient une compétition acharnée, une véritable « guerre à l’innovation ». Encore avant cette période, notons que la Seconde Guerre Mondiale a permis l’émergence d’armes, de techniques et d’inventions d’un genre complètement nouveau, comme par exemple le tout premier « ordinateur », Enigma– une machine inventée par les nazis- leur permettant de communiquer sans risquer l’interception de leurs informations.

Avec le temps, l’impact de l’armée sur l’innovation et donc sur la croissance française a baissé. L’armée est restée moteur de croissance jusqu’aux années 1990 notamment grâce à la conception du Mirage 2000 par Dassault Système Aviation, l’armée se dote alors d’une technologie de pointe que peu de nos voisins possèdent. Aujourd’hui encore, l’aviation française fait figure d’exception et reste un moteur de croissance pour le pays au détriment d’autres corps militaires.

…et maintenant aujourd’hui

Ainsi, l’armée n’ayant plus le monopole de l’innovation il est devenu primordial pour elle de travailler conjointement avec la société civile. De ce fait, s’est tenu en 2018 le forum Innovation Défense qui rassemblait 160 start-ups soutenues par l’armée. Dans un proche avenir, ces start-ups feront profiter à la Défense de leurs innovations. Cette agence de l’Innovation jouit d’un budget de plus d’un milliard d’euros, de quoi encourager les start-ups à adapter leurs produits aux besoins des militaires et particulièrement à ceux en mission à l’extérieur de nos frontières. A titre d’exemple, après les retours de militaires partis en mission en Afghanistan, « la cape d’invisibilité » a été mise place, c’est un revêtement changeant de couleur en fonction du lieu où elle se situe, cette technique inspirée du caméléon sera dans le futur utilisée pour certaines missions. Continuons avec une invention de Scalian : le casque de réalité virtuelle, il permettra à un soldat de visualiser en temps réel la situation sur le terrain, et de repérer ses alliés.

Pour conclure, en un siècle le rapport de l’armée aux technologies a beaucoup évolué, notamment depuis la chute du mur de Berlin. Paradoxalement, les technologies utilisées par l’armée sont toujours plus sophistiquées, cependant, ce n’est plus elle qui en est à l’origine. Aujourd’hui, la Défense a besoin de s’appuyer sur le civil pour être à la pointe de la technologie et ça, les start-ups l’ont bien compris.

Marie SELLES

 

Sources:

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/entendez-vous-leco-du-mardi-05-fevrier-2019

 

https://www.la-croix.com/Economie/France/Comment-larmee-francaise-tire-linnovation-industrielle-2018-11-22-1200984796

 

https://www.challenges.fr/entreprise/defense/forum-innovation-defense-des-pepites-militaires-a-decouvrir_627994

 

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Qu’est-ce que la valorisation d’une Start-Up ?

Qu’est-ce que la valorisation d’une Start-Up  ?

Avant de calculer la valorisation d’une Start-up, il faut bien comprendre les différents mécanismes. Une Start-up est avant tout une société juridiquement parlant où il y a un ou plusieurs actionnaires. Ces actionnaires détiennent des actions de la société. Ces actions constituent un droit de propriété sur la société.

Exemple de répartition capitalistique :

Chaque fondateur détient 3000 actions, ce qui correspond à 33% de la société pour un total de 9000 actions.

Pour illustrer ce qu’est la valorisation nous allons nous mettre dans le cas d’une augmentation de capital. Une augmentation de capital consiste à créer de nouvelles actions et de permettre à des actionnaires de souscrire à ces actions.

Exemple d’augmentation de capital :

Toujours le même cas que précédemment. Notre Start-up souhaite intégrer une nouvelle personne à son équipe. Elle décide donc de réaliser une augmentation de capital en créant 3000 nouvelles actions. Le nombre d’actions étant maintenant de 12.000, chaque actionnaire détient ainsi 25% de la Start-Up.

Maintenant notre Start-up a effectué ses premières preuves de concept et souhaite se développer. Pour cela, elle souhaite permettre à des investisseurs de participer à son développement. Elle décide donc de réaliser une augmentation de capital. De nouvelles actions vont être proposées à la souscription. Les investisseurs et la Start-up vont ainsi procéder à une négociation pour fixer la valorisation (ce sujet fera l’objet d’un article dédié). Il faut donc fixer le prix d’une action de la Start-up. Ensuite une fois ce prix fixé, il faudra multiplier ce prix par action par le nombre total d’actions de la Start-Up. On obtiendra donc la valorisation Pre-Money de la Start-Up.

Il faut bien faire la différence entre la valorisation Pre-Money et la valorisation Post Money. La valorisation Pre-Money est la valorisation retenue avant la réalisation de l’opération. Les investisseurs ne sont donc pas encore actionnaires de la société alors que  la valorisation Post-Money est tout simplement la valorisation Pre-Money + le montant total investi. Elle correspond à la situation de la Start-Up post opération.

Je vous mets un exemple de levée de fonds :

 

Pensez bien à regarder ces deux tableaux dans l’explication qui va suivre. Cela vous permettra de mieux comprendre.

Dans notre exemple le résultat de la négociation entre la Start-Up et les investisseurs a donné un prix par action de 250 euros. La valorisation Pre-Money s’obtient en multipliant le nombre total d’action que multiplie le prix par action. Donc : 9.000 * 250 = 2.250.000.

Mais la problématique ici c’est que les investisseurs vont souscrire à de nouvelles actions qui ne sont pas comptabilisées dans les 9000 actions existantes avant l’opération. Il faut donc calculer la valorisation Post-Money. Dans notre exemple les investisseurs vont investir 600.000 euros. Il faut diviser ce montant par le prix par action pour obtenir le nombre d’action auquel ils auront droit. Donc : 600.000/250 = 2.400. Le nombre total d’actions dans la société devient donc 11.400. Pour obtenir la valorisation Post-Money on multiplie maintenant le nouveau total par le prix par action : 11.400 * 250 = 2.850.000. Nous avons donc maintenant la valorisation Post-Money.

Que vous soyez fondateur de Start-up, investisseur ou tout simplement curieux, vous pouvez constater qu’il est important de bien comprendre les mécanismes autour de la valorisation. Car c’est surement un des éléments les plus importants lors de la réalisation d’un investissement.

Dans le prochain article je parlerai des différentes méthodes pour valoriser une Start-up.

Alexis Noguès, responsable des participations chez WISEED

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L’entrepreneuriat au féminin, ce mauvais élève de la parité

Dans la grande majorité des pays de l’OCDE, la part des femmes dans la création d’entreprise demeure relativement faible. En France, elle ne dépasse pas les 30% et ce depuis plus de 20 ans. Ainsi, la dynamique positive que connaissent ces dernières années ne suffit pas à marquer de véritable croissance. Cet écart est d’autant plus paradoxal que 69% des femmes considèrent l’entrepreneuriat comme plus épanouissant que le salariat. Dès lors, quels sont les freins et les obstacles que rencontrent ces dames ? L’entrepreneuriat serait-il réellement un « monde d’hommes » ?

Des chiffres alarmants

Il existe sans conteste un « facteur femme » dans la création d’entreprises en France. Ces dernières ne représentent en moyenne que le tiers des créateurs d’entreprise et les ratios français (3,4% de créatrices parmi les femmes en âge de travailler contre 7,3% pour les hommes) sont plus faibles que ceux de leurs voisins (respectivement 6,1% et 10,7% en Europe).

Les entreprises créées par des femmes seraient également plus petites, et moins pérennes. Cependant, ces dernières sont, à long termes, beaucoup plus efficaces, productives et performantes. Comment l’expliquer ?

De l’aversion au risque aux idées reçues : des freins plus subjectifs qu’objectifs

Il est vrai qu’il y a dans un premier temps des déterminants contextuels (comme le pays, la conjoncture économique et sociale) et socio-démographiques. En effet, un individu (homme ou femme) bénéficiant de conditions socio-économiques favorables serait plus enclin à créer son entreprise.

Néanmoins, concernant ces dames, la prise en compte d’un contexte positif n’élimine toujours pas la probabilité défavorable de se lancer.

Nous pouvons dénoter plusieurs causes : l’aversion au risque (4 femmes sur 10 hésitent à créer leur entreprise par peur de l’échec contre 3 hommes sur 10), le manque de confiance en soi (3 femmes sur 10 craignent de manquer de connaissances en innovation et en création d’entreprise contre 1,5 hommes sur 10), de plus, les femmes croient moins en l’existence d’opportunités de créer une entreprise que les hommes (respectivement 15 % et 22 %). Tout cela s’explique par le fait qu’avant de se lancer, les femmes ont plus tendance à vouloir être sûres d’avoir trouvé l’idée parfaite, élaboré le business plan parfait …  C’est ce qu’on appelle « le syndrôme de la bonne élève ». Ironiquement, c’est ce syndrôme de la bonne élève qui en ferait les mauvaises élèves de l’entrepreneuriat.

Enfin, il existe bien évidemment d’autres freins tels que la difficulté d’accès au financement ou le facteur familial. En France, le taux de rejet bancaire est de 4,3% pour les femmes et de 2,3% pour les hommes (d’après une étude de l’OCDE). Il ne fait donc aucun doute qu’une discrimination est bel et bien présente. L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle peut aussi poser un obstacle. Cependant, d’après le baromètre de la Caisse d’Epargne, ce dernier n’arriverait qu’au 10ème rang des difficultés rencontrées par les femmes.

Depuis quelques années, une mobilisation importante des acteurs publics

Face à ces constats inquiétants, les gouvernements et associations se sont saisis du dossier. Si leur motivation à améliorer la situation peut s’expliquer dans un premier temps par une volonté de maintenir l’égalité et la parité, elle s’explique aussi et surtout par le fait qu’ils voient dans ce nombre insuffisant d’« entrepreneures » un gisement important d’emplois. Le nombre d’emplois engendrés par la création d’entreprise étant toujours supérieur à 1, un effet de levier est donc espéré.

Par ailleurs, comme je le disais plus haut, il a été prouvé que les entreprises dirigées (ou créées) par les femmes sont beaucoup plus performantes et plus résilientes. Dès lors des mesures ont été prises ces six dernières années. En 2013, Najat Vallaud-Belkacem lançait la première édition de « La semaine de l’entrepreneuriat au féminin », de nombreuses campagnes de sensibilisation dans les écoles ainsi que dans les universités, en plus de conférences débat autour du sujet ont eu lieu. Plus récemment, lors du “Positive Economy Forum”, Marlène Schiappa évoquait la création d’un congé de maternité pour les femmes chef d’entreprise et pour les non salariées car selon elle “au-delà du financement, c’est aussi un frein […] notre rôle est qu’elles puissent avoir les deux (vie professionnelle et personnelle) quand elles le souhaitent”.

Enfin, si vous êtes une femme et que vous souhaitez vous lancer, de nombreuses associations sont là pour vous accompagner comme Femmes Business Angels (FBA), FGIF, l’AFE. BPI France organise par exemple le Trophée de l’Entrepreneuriat au Féminin, pour encourager les femmes à entreprendre plus.

Ainsi, bien entendre la question de l’entrepreneuriat au féminin nécessite de prendre en compte 3 phases différentes : l’Amont, où peut être constaté un désir différencié des hommes et des femmes de créer une entreprise,  la phase de passage à l’acte, où ces dernières sont susceptibles de rencontrer des difficultés plus grandes et enfin la phase de croissance qui une fois la stabilité de l’entreprise établie, révèle l’efficacité des entreprises dirigées par les femmes. Chacune d’entre elle pose ses freins et ses obstacles souvent, comme nous l’avons vu, plus subjectifs qu’objectifs. C’est pourquoi des solutions adaptées à chacune de ces étapes commencent à être envisagées par les gouvernements (d’abord sous François Hollande à l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, puis sous Emmanuel Macron), en allant de la sensibilisation et l’encouragement à entreprendre à l’aide au financement puis enfin à l’accompagnement une fois le projet lancé.

Plusieurs projet portés par les femmes connaissent un grand succès, comme “Blue Cargo”, la startup qui ambitionne de révolutionner les opérateurs de terminaux portuaires à conteneurs en offrant la première intelligence artificielle à leur service. En 2018, le projet remportait le prix Pilote Moovje, avec à la clé 25 000 euros à partager entre lauréats.

Alors lançons-nous  Mesdames, nous sommes tout aussi capables de réussir que nos homologues masculins !

Yasmine El Alami Idrissi

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Comment réfléchissent ces entrepreneurs à qui tout réussit ?

« La plupart des startups ne passent pas le cap des six ans » entend-on bien trop souvent. En effet, si certaines d’entre elles peuvent ensuite se transformer en grandes entreprises et se positionnent en acteurs majeurs du marché, près de 90% de ces entreprises fraîchement créées n’aboutissent pas et se voient forcées de fermer leurs portes après quelques années d’exercice… En montant leurs entreprises et en vendant leurs idées les entrepreneurs gagnent une bataille, rude, certes, mais pas la guerre. Comment se creusent alors les écarts ?

Bien évidemment, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. La gestion des finances, de l’équipe, la réponse à un besoin de marché, le timing, le pivot (effectué ou non) … sont autant d’éléments déterminants dans le succès ou la faillite d’une entreprise naissante. J’en parlais dans mon dernier article  : le contexte économique, culturel (peur de l’échec, culture de l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge…) et législatif dans lequel évolue la startup est également à ne pas négliger et peut faire toute la différence.

Néanmoins, n’est-ce pas la manière qu’a l’entrepreneur de structurer sa pensée et de la mener à terme qui détermine sa réussite ? Il ne suffirait donc pas d’avoir une bonne idée, aussi révolutionnaire soit-elle, et les moyens de la mener à terme, au risque de tomber dans l’oubli. Pour reprendre les propos de John C Maxwell dans Comment pensent les gens qui réussissent, « une bonne idée ne fait pas une vie prospère ». Prenons l’exemple de Yahoo et Google : les deux entreprises répondent initialement au même besoin, à savoir générer un moteur de recherche performant. L’idée est donc la même. Cependant, la première peinera à perdurer et finira par se faire racheter, tandis que la seconde deviendra l’une des entreprises les plus puissantes de son temps.

L’écart qui se creuse très vite entre les deux géants (avec une part de marché de 91% en France pour Google) peut s’expliquer par la grande capacité d’innovation de cette dernière. En effet, non contente du succès de son idée initiale, Google développe un algorithme visant à améliorer la pertinence des résultats des utilisateurs.

Un entrepreneur qui réussit est d’abord un visionnaire. C’est ce que John Maxwell appelle « Big-Picture thinking » (pensée à large perspective). Quitte à penser, autant penser grand et essayer d’anticiper les besoins et challenges à venir pour asseoir son autorité sur le marché.

Dans Bâties pour durer, Jim Collins décrit sa perception d’une entreprise visionnaire. Pour lui, elle s’apparente à une œuvre d’art : ce n’est pas un seul élément qui fait sa réussite, mais leur synergie, leur travail combiné, en vue de créer cet effet d’ensemble d’où émane la grandeur. C’est pourquoi un entrepreneur qui réfléchit « bien » saurait prendre le recul nécessaire qui sied si bien à la pensée à large perspective. Comment ? En veillant à apprendre continuellement.

Toutefois, John Maxwell nous met en garde, voir grand ne suffit pas, il faudrait également mettre en œuvre plusieurs modes de réflexion comme, entre autres, la pensée focalisée, la pensée créative, la pensée réaliste, la pensée stratégique …

Ainsi, contrairement à ce qu’entend l’opinion populaire, bien réfléchir ne serait pas inné mais bien le fruit d’un long et laborieux apprentissage. Avoir une bonne idée ne garantit pas le succès, parvenir à monter une structure visant à la promouvoir non plus. Réussir implique savoir anticiper les besoins et les difficultés à venir, innover constamment, réfléchir afin d’avoir de nouvelles idées … Finalement,  « tout » ne réussirait pas à ces entrepreneurs victorieux, néanmoins, ce serait grâce à leur réflexion que, confrontés aux mêmes obstacles que leurs concurrents, ils ressortent vainqueurs et endurcis.

Yasmine El Alami Idrissi

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Au fait, c’est quoi une startup ?

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L’entrepreneuriat social: oxymore ou réelle solution?

Serait-il possible, et même viable, d’allier la performance économique à des objectifs sociaux et durables? Tony Meloto, Muhammad Yunus, Blake Mycoskie …c’est ce que promettent ces entrepreneurs engagés et solidaires qui, à travers leurs innovations, espèrent réussir à améliorer le monde de demain tout en faisant leur métier. Lutte contre la pauvreté, pour l’éducation, contre la faim, pour l’écologie … leurs ambitions sont grandes, mais les moyens semblent réduits. En effet, dans un monde ultra mondialisé, où le capitalisme fait loi, la doxa a tendance à dissocier l’oeuvre sociale, caritative qui serait forcément non lucrative de la fonction première de l’entreprise, la création de richesse. Avoir un impact social tout en subvenant à ses propres besoins semblerait donc assez difficile à imaginer, voire même impossible. Cependant, face à l’échec de la gouvernance mondiale dans la réponse aux problèmes sociaux et aux enjeux du développement durable, et aux chiffres alarmants qui ne cessent de s’accroître (plus du tiers de la population mondiale n’a toujours pas accès aux médicaments essentiels, chaque jour sur Terre, 1 personne sur 7 se couche le ventre vide, quelques 100 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés dans le primaire, dont 55% de filles ….) la nécessité de trouver de nouvelles solutions, de nouveaux modèles, plus adaptés à l’ère contemporaine s’impose. C’est pourquoi depuis les dernières décennies, l’entrepreneuriat social ou social business, est plus que jamais d’actualité. Bien que controversé, ce nouveau paradigme intrigue, fascine et ne cesse d’attirer de nouveaux entrants. L’entrepreneuriat social saura-t-il apporter des solutions efficaces aux problématiques majeures du monde contemporain ?

Petite histoire et définition de l’entrepreneuriat social

Le terme “entrepreneuriat social” est en effet un terme relativement nouveau. Il n’est apparu que depuis quelques décennies plus tôt. Cependant, le modèle prôné remonte à bien plus loin dans l’histoire. De nombreux entrepreneurs montent des entreprises en vue de répondre à des problèmes sociaux et d’apporter un impact positif à leur société contemporaine, et ce dès le 19ème siècle. Cependant, c’est dans les années 1990 et des deux côtés de l’Atlantique, que l’entrepreneuriat social émerge réellement, mettant d’emblée l’entrepreneur en avant. Aux Etats-Unis, la “Social Enterprise Intiative” , programme de recherche et d’enseignement, est lancée par la Harvard Business School en 1993. Elle donnera ensuite lieu à de nombreux programmes de formation et de soutien aux entrepreneurs sociaux. En Europe, l’entrepreneuriat social voit le jour sous l’égide de l’Italie. En effet,  en 1991, l’Italie est en pleine récession économique. Elle crée alors un statut spécifique de “coopératives de solidarités sociales”, qui permettent de répondre à des problèmes non résolus par les services publics. Ces coopératives sont les premières “start up sociales”.

Enfin, En 2006, Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit remporte le prix Nobel de la paix, et marque alors l’avènement de l’entrepreneuriat social comme un modèle efficace et fructueux.

Fonctionnement et enjeux de ces business models “durables”

Bien que l’entreprise sociale soit avant tout une entreprise, son organisation peut différer de celle de la startup classique. En effet, les entrepreneurs doivent, au-delà de la production de richesse, défendre des valeurs de solidarité qui peuvent quelques fois contrecarrer leurs objectifs économiques. Dès lors, la structure de l’entreprise sociale n’est pas toujours orientée profit. Par ailleurs, le management est collectif et participatif. En effet, les entrepreneurs engagés travaillent de pair avec un nombre conséquent d’acteurs sociaux, qui peuvent être des institutions, des acteurs publics … Les interdépendances sont donc très fortes dans le milieu de l’entrepreneuriat social. L’enjeu majeur pour ces business models est donc de réussir à allier la performance économique aux valeurs promues par l’entreprise.

Quelles limites?

Souvent, l’effort des entrepreneurs n’est pas suffisant. Certaines pratiques sont ancrées dans les sociétés et une forte corrélation existe entre les différentes causes sociales. Prenons l’exemple de la lutte contre la faim. Si la faim est un fléau qui touche près de 800 millions d’habitants, le gaspillage alimentaire perdure et les chiffres ne cessent d’augmenter.

Lutter contre la faim ne consiste donc pas à trouver une solution miracle, un engrais magique, mais d’abord à changer et à faire évoluer les mentalités, en luttant contre le gaspillage alimentaire, en cultivant des aliments plus nutritifs et en facilitant leur commercialisation. Le grand défi des entrepreneurs est donc de réussir à agir en prenant en compte les autres éléments qui influent sur le problème auquel ils cherchent à répondre.

Ainsi, si le chemin vers l’atteinte des 17 objectifs du développement durable de l’ONU est encore long et sinueux, il a bel et bien été entamé par ces nouveaux modèles d’entreprise. Grâce à leurs innovations, leurs valeurs et surtout leurs combats, les entrepreneurs engagés peuvent sans conteste contribuer à la construction d’un monde meilleur. Il s’agit à présent de creuser l’information et de sensibiliser les sociétés à cette nouvelle façon, plus durable, de voir le capitalisme et l’économie, afin d’encourager un phénomène porteur d’avenir caractérisant une véritable révolution.

Yasmine El Alami Idrissi

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Se faire racheter, une finalité ?

Les rachats semblent être une étape à laquelle on ne peut échapper dans la vie d’une startup. On ne les compte plus tant cela est devenu monnaie courante !

Ça sonne comme une fatalité ? Pas tant que ça ! Les conseils pour taper dans l’œil des investisseurs, au bon moment, pleuvent sur le net. Le rachat du français Regaind (spécialisée dans la reconnaissance d’image) par Apple a fait les gros titres en octobre 2017. Une véritable success story ! Et pourtant combien ont déjà soutenu qu’ils lançaient leur startup parce qu’ils croyaient en un projet qu’il ne serait jamais question de vendre ? Quid de toutes ces belles ambitions ? Fin brutale ou renaissance, est-ce qu’il convient de faire du rachat une finalité ?

Du point de vue des investisseurs, les avantages ne sont pas très difficiles à cerner :

  • D’abord, pour garder un œil sur la future concurrence : la startup étant connue pour apporter un regard neuf sur un marché, elle développe des solutions innovantes, qui pourraient, un jour, détrôner un leader.

L’entreprise qui l’a compris c’est Airbus. Grâce au Bizlab, l’entreprise accélère les jeunes pousses de l’aéronautique qu’elle gardera bientôt sous son aile.

  • Ensuite, pour compléter le portefeuille des offres : on rachète la startup et les droits de propriété du produit qui vont avec pour s’implanter sur un nouveau marché ou en récupérer des parts à travers le savoir-faire (Tech Acquisiton/ Tech Integration).

C’est par exemple le cas de Snapchat qui rachète Zenly fin mai 2017 pour 300 millions d’euros environ et se dote de la géolocalisation pour la fonctionnalité « Snap Map ».

  • Enfin pour acheter la notoriété de la startup.

Et du point de vue de la startup ?

Le rachat d’une startup est souvent synonyme de la fin d’une période d’instabilité pour l’entrepreneur, qui en plus peut s’en sortir avec un gros chèque. Dans certains cas, il est également un tremplin : Thierry Brethes, le fondateur de Mobipocket, rachetée depuis par Amazon, est tombé dans le scope de Google, chez qui il est actuellement embauché. Enfin, une startup, qui ne parvient pas à se créer une notoriété mais dont le produit gagnerait à être commercialisé, a tout intérêt à accepter le rachat.

À l’inverse, si l’entrepreneur n’éprouve aucune difficulté à se débarrasser du projet qu’il a pris cœur à développer et décide de travailler avec son investisseur, un risque persiste car la coexistence n’est pas toujours chose aisée (notamment en raison des différentes cultures d’entreprise mais aussi de la perte évidente d’indépendance).

La faible appétence des startups pour les introductions en Bourse, autrement appelées IPO, ne laisse aucune autre solution pour les startups suffisamment matures pour être scalables (c’est-à-dire disposant d’un business model leur permettant de passer sur un modèle de production/diffusion à grande échelle) : 91% des sorties en Europe dans la Tech sont des opérations de cession contre 5% d’IPO et 4% de LBO (Achat à effet de levier). Alors pourquoi ne pas pousser l’aventure un peu plus pour tenter de devenir une licorne ? Après tout n’était-ce pas le rêve premier de chaque entrepreneur ?

 

Louis Cochois

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Que devient l’individu au sein d’une start-up ?

Cela fait aujourd’hui neuf mois que je me suis engagé au sein d’Optimize. J’ai appris que l’entrepreneuriat représente avant tout une aventure humaine, qui veut que l’entreprise devienne dès lors une combinaison d’identités complémentaires qui forment un tout. La start-up promeut alors cette synergie créatrice que l’on nomme : “le collectif”. Ce même collectif qui travaille pour accomplir un objectif commun. J’ai aussi appris qu’au sein d’une start-up nul n’est indispensable. Au contraire, chaque poste est voué à être renouvelé à tel point que je perçois aujourd’hui la start-up comme une entité en rodage. Dans son combat contre le temps, l’entrepreneuriat ne se fige jamais, bien au contraire il évolue au rythme de son cours.

Mais alors, que devient l’individu dans cette structure ? Je vous préviens, je ne recherche pas ici de réponses à de vastes questions existentielles. Par “individu” j’entends non pas un diplôme sur un CV, ni même une position sur un organigramme. J’entends plutôt une sensibilité, une motivation, une capacité de travail propre à chacun. L’individu c’est celui qui signe de son nom lorsqu’il imagine, conçoit et agit au sein de la société civile et a fortiori dans l’entreprise. N’est-il pas alors une pièce maîtresse préalable à la réussite d’une start-up ? Certains me répondront “non car il n’est pas indispensable”. En effet dans les grandes entreprises l’identité s’efface derrière l’entreprise, derrière les identités qui la forment. Mais Facebook serait-il Facebook sans son fondateur Mark Zuckerberg ? Puisque que chacun met une part de lui-même et une part de son imagination dans une entreprise, l’entreprise ne serait celle qu’elle est sans tous les individus qui la forment. Peut-on alors réellement effacer notre individualité derrière le collectif ? Cette question s’applique aussi bien dans la vie que dans une entreprise.

Ne serait-ce pas avant tout une question de responsabilité ? Si j’agis aujourd’hui de telle ou telle manière c’est que je me sens investi d’une certaine tâche. Je ne peux pas me cacher. Dans les grandes entreprises, les tâches sont réparties, mais ce n’est pas forcément aussi évident dans une start-up. Tout le monde travaille dans une entité en construction et où tout se mélange y compris les métiers. Au sein d’une start-up nous ne sommes pas forcément engagés pour un poste mais pour un objectif : participer au développement du projet. Cet environnement laisse alors libre court à la prise d’initiative. Serait-ce alors là que l’individu se manifesterait le plus ? Cependant, il convient de bien délimiter l’étendue de ses capacités et de ses “pouvoirs”. De fait, que devient l’avis et la parole d’un commercial qui critique le travail d’un développeur web par exemple ? Et pourtant, tout le monde est invité à s’exprimer librement. Il faut trouver un certain équilibre et ne pas empiéter sur le domaine de sa/son collègue. Plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsque l’on se sent pleinement investi dans une tâche.

Sur quoi repose la richesse d’un individu dans une entreprise ? Les Hommes s’additionnent pour former un groupe, une entreprise. Bien sûr, l’individu est remplaçable dans l’absolu, mais les relations qu’il tisse avec les autres sont elles uniques et non remplaçables. De là, chacun est unique car il crée des choses uniques.

Que devient alors l’individu au sein d’une start-up ? C’est l’origine, l’expression et la mise en oeuvre de cette dernière. Le collectif c’est cette somme d’individualités qui agissent de façon complémentaire. Milan Kundera a un jour écrit “ les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs“. Il en va de même pour les grandes entreprises qui furent jadis des start-ups. On admire un concept, une idée plus que les personnes qui en sont à l’origine. Mais qu’est-ce qui explique ce décalage ? 

Alexis Ditchi

Ambre, merci pour tes conseils, pour ta patience et pour ta personne inspirante. 

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