Wijet, ou l’histoire de la rencontre entre la passion pour l’aviation et pour l’entrepreneuriat.

Le soleil se couche ce soir derrière les ponts et les bâtisses, et laisse planer au-dessus de Toulouse une lueur de braise. On distingue alors clairement les traînées blanches que laissent, dans leur sillage, les avions. Un ciel tout empli de flammes – vives comme la passion – et des stigmates du passage continuel des avions. Ce spectacle envoutant, c’est celui de Wijet. En 2009, trois amis passionnés par l’aéronautique, Alexandre Azoulay, Corentin Denœud et Jean-François Hochenauer décident de fonder une compagnie aérienne de taxi jet.

Le service est simple : pour la première en 2009, une compagnie aérienne propose aux clients de réserver leur vol sur Internet. De plus, en 2007 les « VLJ » (Very Light Jets) concurrencent peu à peu les jets traditionnels. Les dirigeants décident alors d’investir sur ces modèles réduits et plus avantageux. La compagnie exploite aujourd’hui 15 modèles du Cessna 510 Citation Mustang.

Cet avion peut accueillir jusqu’à quatre passagers et vous permet de vous déplacer dans un rayon de 3000 km depuis votre point de départ. Chez Wijet, l’heure de vol est facturée à 2400 euros. A ce prix- là, les avantages sont nombreux : un service et une attention exclusives, gain de temps, une expérience unique et bien sûr la bouteille de champagne.

D’une start-up à la première compagnie de taxi-jet au monde.

Depuis ses débuts, la compagnie ne cesse de gagner en popularité et en part de marché. Signe de la fiabilité de son modèle économique, Wijet affiche en 2013 une augmentation de son chiffre d’affaires de 45%. En 2016, elle rachète son concurrent britannique Blink. Corentin Denœud affirme alors que ce rachat permet « la revalorisation du groupe de 26 à 45 millions d’euros ». Aujourd’hui une centaine de salariés, répartis dans diverses bases en Europe, participent au développement de ce leader mondial du taxi-jet.

Cette histoire est d’autant plus impressionnante qu’elle ne semble pas sur le point de s’arrêter. En 2014, dans le cadre de son service « La Première », Air France signe un partenariat avec Wijet, pour permettre à ses passagers de rejoindre depuis Paris Charles de Gaulle de nombreuses destinations telles que Cannes, Saint-Tropez ou Deauville. Les dirigeants ont aussi bénéficié de l’essor d’Internet et à l’image d’Uber aujourd’hui, il est devenu aisé de réserver son jet privé.

L’avenir de l’aviation réside-t-il réellement dans le low cost ?

EasyJet, Ryanair ou encore Volotea, les exemples ne manquent pas pour nous prouver qu’aujourd’hui, le prix d’un billet d’avion devient de plus en plus accessible. Que nous montre alors l’essor de Wijet en France et en Europe ? J’y vois une privatisation de ce milieu. Les cadres et les chefs d’entreprise qui se déplacent souvent, sont à la recherche d’un compromis entre le confort, la rapidité et l’exclusivité, et cela, les dirigeants de Wijet l’ont bien compris. Les coûts restent relativement abordables, mais ils deviennent des « VIP ». Plus encore, Wijet ambitionne d’élargir sa clientèle ; depuis notre téléphone, tout le monde peut réserver son jet privé en un simple clic. Enfin, dans le contexte de la mondialisation, Wijet s’inscrit bien dans cet essor des déplacements et cette vision d’un monde « rétréci ». C’est pourquoi, Wijet a encore un grand avenir à écrire dans le ciel.

Qu’est-ce que je retiens de cette histoire ?

Désormais, la nuit vient doucement au-dessus de Toulouse, enveloppant d’une ombre transparente les marques des avions. Les lueurs s’éteignent peu à peu, mais l’assombrissement du ciel ne ternit pas mon enthousiasme. Pour monter sa propre entreprise, il faut faire preuve de réactivité, et même de proactivité. En effet, Wijet a été la première à mettre à profit la réservation sur Internet ainsi que les « VLJ ». Allier ma passion pour l’entrepreneuriat et l’aéronautique est donc possible. Tout ceci vient confirmer la célèbre phrase de Stendhal : « La vocation, c’est d’avoir pour métier sa passion ». A bon entendeur…

Alexis Ditchi

Source photo: Le Figaro

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