Se faire racheter, une finalité ?

Les rachats semblent être une étape à laquelle on ne peut échapper dans la vie d’une startup. On ne les compte plus tant cela est devenu monnaie courante !

Ça sonne comme une fatalité ? Pas tant que ça ! Les conseils pour taper dans l’œil des investisseurs, au bon moment, pleuvent sur le net. Le rachat du français Regaind (spécialisée dans la reconnaissance d’image) par Apple a fait les gros titres en octobre 2017. Une véritable success story ! Et pourtant combien ont déjà soutenu qu’ils lançaient leur startup parce qu’ils croyaient en un projet qu’il ne serait jamais question de vendre ? Quid de toutes ces belles ambitions ? Fin brutale ou renaissance, est-ce qu’il convient de faire du rachat une finalité ?

Du point de vue des investisseurs, les avantages ne sont pas très difficiles à cerner :

  • D’abord, pour garder un œil sur la future concurrence : la startup étant connue pour apporter un regard neuf sur un marché, elle développe des solutions innovantes, qui pourraient, un jour, détrôner un leader.

L’entreprise qui l’a compris c’est Airbus. Grâce au Bizlab, l’entreprise accélère les jeunes pousses de l’aéronautique qu’elle gardera bientôt sous son aile.

  • Ensuite, pour compléter le portefeuille des offres : on rachète la startup et les droits de propriété du produit qui vont avec pour s’implanter sur un nouveau marché ou en récupérer des parts à travers le savoir-faire (Tech Acquisiton/ Tech Integration).

C’est par exemple le cas de Snapchat qui rachète Zenly fin mai 2017 pour 300 millions d’euros environ et se dote de la géolocalisation pour la fonctionnalité « Snap Map ».

  • Enfin pour acheter la notoriété de la startup.

Et du point de vue de la startup ?

Le rachat d’une startup est souvent synonyme de la fin d’une période d’instabilité pour l’entrepreneur, qui en plus peut s’en sortir avec un gros chèque. Dans certains cas, il est également un tremplin : Thierry Brethes, le fondateur de Mobipocket, rachetée depuis par Amazon, est tombé dans le scope de Google, chez qui il est actuellement embauché. Enfin, une startup, qui ne parvient pas à se créer une notoriété mais dont le produit gagnerait à être commercialisé, a tout intérêt à accepter le rachat.

À l’inverse, si l’entrepreneur n’éprouve aucune difficulté à se débarrasser du projet qu’il a pris cœur à développer et décide de travailler avec son investisseur, un risque persiste car la coexistence n’est pas toujours chose aisée (notamment en raison des différentes cultures d’entreprise mais aussi de la perte évidente d’indépendance).

La faible appétence des startups pour les introductions en Bourse, autrement appelées IPO, ne laisse aucune autre solution pour les startups suffisamment matures pour être scalables (c’est-à-dire disposant d’un business model leur permettant de passer sur un modèle de production/diffusion à grande échelle) : 91% des sorties en Europe dans la Tech sont des opérations de cession contre 5% d’IPO et 4% de LBO (Achat à effet de levier). Alors pourquoi ne pas pousser l’aventure un peu plus pour tenter de devenir une licorne ? Après tout n’était-ce pas le rêve premier de chaque entrepreneur ?

 

Louis Cochois

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