Rencontre avec Nicolas Baudelot, cofondateur de Medicalib, première plateforme de soins à domicile en France

Fin 2016, Mathieu Lardier et Nicolas Baudelot s’associent pour fonder Medicalib, la startup qui ambitionne de révolutionner la recherche d’une infirmière à domicile. De fait, en quelques mois, Medicalib est devenue la première plateforme de soins à domicile en France.

Un problème, une solution : Medicalib

C’est Mathieu Lardier dont la mère était infirmière libérale à Nice qui a eu l’idée de créer un système qui pourrait simplifier à la fois la vie des infirmières et des patients. A l’image de Doctolib, Medicalib permet de promouvoir la mise en relation entre les patients et les infirmières libérales les plus proches de leur domicile.

Sans la startup, les patients devaient parcourir les Pages Jaunes pour pouvoir joindre des cabinets infirmiers. Depuis, Medicalib se charge de contacter tous les cabinets infirmiers à la place du patient. En 3 clics, ce dernier saisit sa demande de soin. Une heure après il est recontacté directement par l’infirmière pour convenir du rendez-vous.

Pour les infirmiers, Medicalib se charge de formaliser toutes les demandes qui sont aussitôt transmises aux professionnels de santé les plus proches. Ils reçoivent donc un texto qui décrit simplement la demande du patient. Libre à eux d’accepter ou de refuser la prise en charge.

Medicalib, d’un point de vue entrepreneurial

La première année, Nicolas et Mathieu ont façonné, imaginé et conçu leur projet dans un petit appartement parisien. Ils se chargeaient eux-mêmes de contacter un à un les cabinets infirmiers pour répondre aux attentes des patients. Depuis, une équipe de développeurs informatiques a réussi à automatiser le processus. Depuis 2016, Medicalib a pris en charge plus de 20 000 demandes de soins et travaille avec plus de 1500 cabinets infirmiers dans 50 villes en France.

Toute cette synergie positive a convaincu un fonds d’investissement et plusieurs business angels de soutenir le développement de Medicalib. En janvier 2018, Nicolas et Mathieu ont réussi à lever près de 500 000 euros.

Plus d’informations sur https://medicalib.fr/

Rencontre dans les locaux parisiens de Medicalib avec Nicolas Baudelot.

Bonjour Nicolas, peux-tu décrire ton parcours en quelques mots ?

Après un master spé à l’ESCP en finance de Marchés, j’ai fait du trading pendant 6 ans sur le gaz et l’électricité pour ENGIE, Direct Energie ou le groupe EDF. En parallèle de mes études et de ma vie professionnelle, je suis pompier volontaire dans les Yvelines depuis 2003, pour garder la forme et me servir de mon cerveau d’une façon différente.

Pourquoi ce choix de quitter une vie bien rangée de trader pour te lancer dans une aventure entrepreneuriale ? Qu’est-ce qui te motive ?

L’année 2016 a été une remise en question à tous les niveaux de ma vie. À la suite d’un différend avec mon N+3, j’ai quitté la boite où j’étais et ça a été la base de ma réflexion sur mon avenir professionnel. J’avais fait le tour du trading et j’avais envie comme tout le monde l’espère faire un job avec du sens. Je me suis lancé alors dans un projet de ferme urbaine sur les toits de Paris, production agricole inspirée d’un modèle développé à Montréal. Puis au cours du jour de l’an avec des potes à Prague, j’ai rencontré Mathieu, pote de pote. On a discuté du projet Medicalib et j’ai tout de suite adoré le projet. J’avais la sensation que le service répondait à un véritable problème et en plus le milieu ne m’était pas inconnu du fait de mon activité de pompier. Alors je me suis dit : je suis célib, j’ai pas d’enfants, j’ai un toit, j’ai 30 ans donc c’est le moment de prendre des risques et enfin se confronter à la peur de l’échec.

Qu’est-ce que cela signifie de monter une startup dans le domaine de la santé ?

Pour moi, ça veut dire « Responsabilité ». On ne vend pas des gâteaux ! Je ne vais pas être pote avec Michel & Augustin (rires). On gère de la donnée sensible, et surtout la santé des patients qui font appel à Medicalib peut être impactée. Donc on n’a pas le droit à l’erreur, si on ne remplit pas notre mission, ça a un impact concret donc on se doit de tout faire pour fournir un service de qualité.

Que penses-tu de l’engouement autour des startup aujourd’hui ?

Je pense que c’est bien quand on essaie d’apporter une solution à un problème et non de créer un problème pour fonder une startup. La startup c’est tendance à tel point que toutes les entreprises se définissent comme startup alors que ce sont justes des PME. Il y a beaucoup d’argent en ce moment donc on finance un peu tout et n’importe quoi. Et la startup a une image sympa, c’est cool, il y a une bonne ambiance, etc.. Mais ça pour moi, c’est dans les films, on a de la pression, on travaille deux fois plus que dans un job salarié lambda car on a plus de choses à faire et moins de ressources et en plus on n’est pas sûr de bien gagner sa vie. En fait, pour monter une startup, il faut être un peu maso. Je pense qu’il faut dire la vérité, bosser en startup ce n’est pas fait pour tout le monde.

Quel avenir pour Medicalib ?

Plein de choses, on est en train de finaliser des partenariats avec des gros acteurs de la santé d’ici la rentrée, qui vont accélérer notre développement national. On va suivre notre première campagne de pub dans les transports en commun toulousains et parisiens au mois d’août. Ça c’est plutôt pour le court terme, mais pour le long terme, l’objectif c’est de devenir d’ici un an ou deux ans, le partenaire des professions libérales qui se déplacent à domicile (infirmières, kinés et sages-femmes) en les aidant à réduire le temps accordé aux tâches administratives, qui les éloignent de leur première mission, les soins aux patients.

Ton meilleur souvenir chez Medicalib ?

Oula, j’en ai pas mal. Quand on a réussi notre levée de fonds, quand on a signé notre premier CDI, quand on a trouvé une infirmière pour notre première personnalité, un grand chef d’entreprise, ou encore quand on a passé le cap des 10 000 puis 20 000 demandes de soins. J’ai plein de bons souvenirs, c’est pour ça qu’on fait ça mais je te rassure, j’en ai plein de mauvais aussi. Mais à choisir je prends le cap des 10 000, tu te dis à ce moment, on a aidé pas mal de patients quand même. RDV pour les 100 000. 😊

Un dernier mot ?

Retourne bosser… car l’objectif c’est 100 000 !! 😉 Si vos lecteurs recherchent un stage, qu’ils n’hésitent pas à me faire parvenir leur CV sur mon adresse mail : nicolas.baudelot@medicalib.fr

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