Fintech ou banque : où faut-il emprunter ?

Journal intime – Jeudi 7 Juillet 2016.

 

14h48 : Rien
14h49 : Non… toujours rien…
14h50 : À nouveau, mon pouls s’accélère à mesure que je tends le bras vers mon téléphone, inquiet mais pressé de connaitre enfin les résultats. Encore cet élan de volonté que j’espérais être le dernier il y a quelques instants. J’attends un SMS confirmant mon inscription à la Toulouse Business School pour la rentrée 2016. Mais rien ne se passe… Il faudra recommencer dans une minute ou deux…
14h51 : Quatorze heures cinquante et une, toujours rien… L’attente devient insupportable ! Cela fait cinq minutes maintenant que les premiers SMS ont été envoyés !
Je commence à abandonner tout espoir quand enfin je reçois ce message que j’ai tant désiré et qui conclue deux années de lutte acharnée contre moi-même ! Nous sommes le 7 Juillet 2016, il est 14H52 pour être très précis, ma joie est immense et je ne trouve rien d’autre pour l’exprimer que des sauts de bonheur dans ma chambre !

 

Journal intime – Samedi 9 Juillet 2016.

« Une école de commerce coûte cher, comment vais-je pouvoir me l’offrir ? »(Samedi 9 Juillet)

 

Cette question est bien la dernière que se pose l’étudiant de classe préparatoire. Paradoxalement, son travail de deux ans ne peut trouver de concrétisation qu’à la condition d’y apporter une réponse.
À ce propos, je me rappelle avoir lu un article de Capital [1] faisant mention de cette plateforme solidaire qui finance les études grâce aux dons entre particuliers : Studentbackr.

 

Il s’agit d’une fintech, c’est-à-dire d’une société de technologie spécialisée dans les secteurs de la finance, de la banque et de l’assurance (moyens de paiement, crédit, gestion du patrimoine et de l’épargne, affacturage). Plus particulièrement, Studentbackr a orienté son activité vers le crowdfunding.

 

Faire appel aux services d’une banque, quelle qu’elle soit, m’a toujours paru douteux. C’est comme si j’avais le sentiment que le banquier allait m’arnaquer par un verbiage propre aux adeptes de la finance : tandis que les banques offrent des produits packagés (la chaîne de produits est verticale puisqu’un service s’accompagne d’un autre qui lui est inséparable), les fintechs disent proposer des services bancaires et financiers innovants (la chaîne de produits est horizontale, ce qui implique que la consommation d’un service n’en induit pas d’autre). À l’image de Lydia et Pumpkin, elles développent des nouveaux moyens de paiement répondant davantage aux modes de communication et de consommation actuels. À premier abord, Il m’apparait donc que les fintechs se veulent plus proches du client à travers leur démarche, leurs produits et la possibilité de gérer soi-même son compte.

« N’ai-je pas intérêt à m’adresser à une telle fintech pour financer mes études plutôt qu’à une banque ? »

Il ne va pas sans dire que l’on parle d’un prêt de 40.000€ ! Aussi, pour des raisons de sécurité, la contraction d’un tel emprunt m’incite-t-elle instinctivement à faire appel aux banques davantage qu’à une entreprise aussi récente que Studentbackr. Bien décidé à me détromper, je me rends sur leur site internet.

 

Il ne faut pas se laisser décourager par la landing page (assez peu épurée il est vrai) maculée du même vert que le cash-flow des banques. La plateforme est simple d’utilisation et crée davantage de lien social qu’aucune banque n’en a jamais réalisé : les projets étudiants sont organisés, détaillés et surtout accessibles à tous. Pas de doute, la désintermédiation comme stratégie d’entreprise est plus tangible que jamais à mesure que je m’aventure sur le site : c’est bien la transparence et le partage des informations que Studentbackr met en avant pour répondre à l’exigence d’hyperpersonnalisation des projets. Ces derniers peuvent être classés par secteurs d’emplois (Art & Design/ Communication, Marketing & Médias/ Économie & Gestion/…), par popularité, ou par date d’échéance puisque les entreprises des internautes ne sont présentées que pour une durée limitée (30 jours en moyenne)
Je ne suis pas déçu, la révolution numérique et l’économie collaborative au service de la finance me conforte dans mon attirance pour les fintechs.

 

Néanmoins, à y regarder de plus près, je m’aperçois que les sommes demandées par la majorité des étudiants n’excèdent pas la somme de 10.000€. Pourquoi ? Parce que le risque de ne pas être intégralement financé impacte directement sur le montant de la cotisation à reverser à Studentbackr. Autrement dit, en 30 jours, je serais stupide de demander un soutien financier supérieur à 5000€. Le concept de la fintech me séduit à travers son originalité mais capter 5000€ en trente et un jours parait bien loin des sommes dont j’ai besoin…

 

En d’autres termes, le modèle de la fintech n’est pas encore suffisamment ancré pour financer tous types de projets. Banques et fintechs sont amenées à fusionner : certaines fintechs proposent de services que les banques refusent de proposer car cela augmente leur frais. Et puis les fintechs pourraient apporter une touche sociale qui fait aujourd’hui défaut aux banques, victimes d’une perte de confiance de la part des citoyens. En attendant, je serai bien obligé de revoir le minois de mon banquier…

 

Louis COCHOIS

 

[1] BARBOTIN, Laurent, « Fintech : ces start-up font trembler les banques », Capital (en ligne), 22 avril 2016, http://www.capital.fr/bourse/dossiers/fintech-ces-start-up-font-trembler-les-banques-1120962# (page consultée le 25 Mai 2016).
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