La France, nouvel eldorado de l’entrepreneuriat

En 2016, il n’y a pas eu que des mauvaises nouvelles en France, mais aussi des choses particulièrement réjouissantes.

 

Un exemple ? Le dernier classement Fast 500 de Deloitte [1] qui classe les 500 entreprises européennes les plus innovantes et avec la plus forte croissance. Avec une progression de 1300% sur les quatre dernières années, la France s’impose devant le Royaume-Uni et l’Allemagne avec 94 startups classées, contre 70 et 23 startups classées pour ses deux autres grands concurrents européens.

 

« La France ? – 1300% de progression en 4 ans 1er en nb de startups au classement Fast 500 de Deloitte »

Les startups tricolores s’illustrent aussi particulièrement lors des salons internationaux, à la dernière CES (Consumer Electronics Show, dont on vous parle en vidéo [Réf 1] , et dans un article dédié à l’Eureka Parc [Réf 2]), la France était le 3e pays le plus représenté derrière les États-Unis et la Chine.

 

 

Paris, nouvelle reine du numérique !

 

Mais comment la French Tech s’est-elle autant développée ces dernières années ? C’est beaucoup dû au nouveau dynamisme de Paris, qui ne dissimule pas son ambition de devenir la nouvelle capitale européenne des startups : nouveaux incubateurs, investissements en masse, accueil d’entreprises étrangères… Les initiatives se multiplient pour rendre la capitale attractive !

 

Paris dispose notamment d’une quarantaine d’incubateurs dont Cargo, l’actuel plus gros incubateur européen, qui héberge 50 start-up, mais ne compte pas s’en contenter. En effet, avec la construction de la Halle Freyssinet (financé majoritairement par Xavier Niel), qui ouvrira ses portes en 2017 sur 34 000m² pour devenir le plus gros incubateur du monde, Paris frappe un grand coup sur la scène internationale et affirme son importance.

 

Ces nombreux incubateurs ont en partie pour but d’attirer entrepreneurs et investisseurs étrangers : selon M. Missika, adjoint à la mairie de Paris en charge du développement économique et de l’attractivité, l’objectif serait d’avoir au moins 30% de startups d’origine étrangère dans les incubateurs parisiens.

 

Et pour attirer des start-up étrangères, cela passe aussi par le French Tech Visa : afin de permettre aux entrepreneurs, ingénieurs, investisseurs et professionnels en lien avec l’entrepreneuriat de venir travailler en France, ce nouveau visa permet une procédure considérablement simplifiée et accélérée.

 

Enfin, Paris affirme sa nouvelle importance par la quantité de ses investissements : avec 857 millions de dollars de financement des startups au dernier trimestre de 2016, Paris est en passe de dépasser Londres, (919 millions de dollars d’investissement) qui souffre des effets du Brexit, et creuse l’écart avec Berlin (462 millions de dollars de financement). Cocorico donc ?

 

Mais la France, ce n’est pas Paris ?

 

Et le reste de la France alors pourriez-vous me dire ? En effet, l’hexagone possède de nombreux lieux qui tendent à attirer et développer l’entrepreneuriat, la création du label French Tech permet notamment de valoriser 13 territoires français pour y développer cette dynamique.

 

Dans les territoires qui se démarquent, Toulouse tire son épingle du jeu, en étant la deuxième ville française où le plus de startups sont créées, devant Lyon et Bordeaux. La progression de l’entrepreneuriat dans la région Haute Garonne est de +8,6% en décembre 2016, un peu supérieur à la moyenne nationale de 5,6%. Sans surprise, L’Ile-de-France reste loin devant avec une progression de +15%. [2]

 

« Les secteurs d’activités les plus concernés par ce dynamisme de l’entrepreneuriat ? Les transports : 55,6% L’immobilier : 10,4 % Les activités scientifiques et techniques : 9,5%L’hébergement et la restauration : 8,5% »

Mais si l’on regarde en termes de part de la population concerné par l’entrepreneuriat, comparativement à la population totale de la ville, Montpellier créé la surprise, c’est en effet le lieu où proportionnellement, la part de l’entrepreneuriat est le plus important, devant Paris et Toulouse.
On peut donc se réjouir de voir un esprit d’entrepreneuriat de plus en plus implanté dans le paysage français, et propice aux nouvelles initiatives ! Qui sait, peut-être que l’entrepreneur de demain, c’est vous.

 

Par Ambre Erouart

 

[2] Étude de Agence France entrepreneur, chiffres de décembre 2016 http://media.afecreation.fr/file/53/6/chiffres-france_12-2016.97536.pdf

 

Crédit photo : LAUBACHER Paul, article « Xavier Niel veut faire fleurir 1.000 start-up à la Halle Freyssinet », Le nouvel Obs (en ligne), 25 septembre 2013

Fintech ou banque : où faut-il emprunter ?

Journal intime – Jeudi 7 Juillet 2016.

 

14h48 : Rien
14h49 : Non… toujours rien…
14h50 : À nouveau, mon pouls s’accélère à mesure que je tends le bras vers mon téléphone, inquiet mais pressé de connaitre enfin les résultats. Encore cet élan de volonté que j’espérais être le dernier il y a quelques instants. J’attends un SMS confirmant mon inscription à la Toulouse Business School pour la rentrée 2016. Mais rien ne se passe… Il faudra recommencer dans une minute ou deux…
14h51 : Quatorze heures cinquante et une, toujours rien… L’attente devient insupportable ! Cela fait cinq minutes maintenant que les premiers SMS ont été envoyés !
Je commence à abandonner tout espoir quand enfin je reçois ce message que j’ai tant désiré et qui conclue deux années de lutte acharnée contre moi-même ! Nous sommes le 7 Juillet 2016, il est 14H52 pour être très précis, ma joie est immense et je ne trouve rien d’autre pour l’exprimer que des sauts de bonheur dans ma chambre !

 

Journal intime – Samedi 9 Juillet 2016.

« Une école de commerce coûte cher, comment vais-je pouvoir me l’offrir ? »(Samedi 9 Juillet)

 

Cette question est bien la dernière que se pose l’étudiant de classe préparatoire. Paradoxalement, son travail de deux ans ne peut trouver de concrétisation qu’à la condition d’y apporter une réponse.
À ce propos, je me rappelle avoir lu un article de Capital [1] faisant mention de cette plateforme solidaire qui finance les études grâce aux dons entre particuliers : Studentbackr.

 

Il s’agit d’une fintech, c’est-à-dire d’une société de technologie spécialisée dans les secteurs de la finance, de la banque et de l’assurance (moyens de paiement, crédit, gestion du patrimoine et de l’épargne, affacturage). Plus particulièrement, Studentbackr a orienté son activité vers le crowdfunding.

 

Faire appel aux services d’une banque, quelle qu’elle soit, m’a toujours paru douteux. C’est comme si j’avais le sentiment que le banquier allait m’arnaquer par un verbiage propre aux adeptes de la finance : tandis que les banques offrent des produits packagés (la chaîne de produits est verticale puisqu’un service s’accompagne d’un autre qui lui est inséparable), les fintechs disent proposer des services bancaires et financiers innovants (la chaîne de produits est horizontale, ce qui implique que la consommation d’un service n’en induit pas d’autre). À l’image de Lydia et Pumpkin, elles développent des nouveaux moyens de paiement répondant davantage aux modes de communication et de consommation actuels. À premier abord, Il m’apparait donc que les fintechs se veulent plus proches du client à travers leur démarche, leurs produits et la possibilité de gérer soi-même son compte.

« N’ai-je pas intérêt à m’adresser à une telle fintech pour financer mes études plutôt qu’à une banque ? »

Il ne va pas sans dire que l’on parle d’un prêt de 40.000€ ! Aussi, pour des raisons de sécurité, la contraction d’un tel emprunt m’incite-t-elle instinctivement à faire appel aux banques davantage qu’à une entreprise aussi récente que Studentbackr. Bien décidé à me détromper, je me rends sur leur site internet.

 

Il ne faut pas se laisser décourager par la landing page (assez peu épurée il est vrai) maculée du même vert que le cash-flow des banques. La plateforme est simple d’utilisation et crée davantage de lien social qu’aucune banque n’en a jamais réalisé : les projets étudiants sont organisés, détaillés et surtout accessibles à tous. Pas de doute, la désintermédiation comme stratégie d’entreprise est plus tangible que jamais à mesure que je m’aventure sur le site : c’est bien la transparence et le partage des informations que Studentbackr met en avant pour répondre à l’exigence d’hyperpersonnalisation des projets. Ces derniers peuvent être classés par secteurs d’emplois (Art & Design/ Communication, Marketing & Médias/ Économie & Gestion/…), par popularité, ou par date d’échéance puisque les entreprises des internautes ne sont présentées que pour une durée limitée (30 jours en moyenne)
Je ne suis pas déçu, la révolution numérique et l’économie collaborative au service de la finance me conforte dans mon attirance pour les fintechs.

 

Néanmoins, à y regarder de plus près, je m’aperçois que les sommes demandées par la majorité des étudiants n’excèdent pas la somme de 10.000€. Pourquoi ? Parce que le risque de ne pas être intégralement financé impacte directement sur le montant de la cotisation à reverser à Studentbackr. Autrement dit, en 30 jours, je serais stupide de demander un soutien financier supérieur à 5000€. Le concept de la fintech me séduit à travers son originalité mais capter 5000€ en trente et un jours parait bien loin des sommes dont j’ai besoin…

 

En d’autres termes, le modèle de la fintech n’est pas encore suffisamment ancré pour financer tous types de projets. Banques et fintechs sont amenées à fusionner : certaines fintechs proposent de services que les banques refusent de proposer car cela augmente leur frais. Et puis les fintechs pourraient apporter une touche sociale qui fait aujourd’hui défaut aux banques, victimes d’une perte de confiance de la part des citoyens. En attendant, je serai bien obligé de revoir le minois de mon banquier…

 

Louis COCHOIS

 

[1] BARBOTIN, Laurent, « Fintech : ces start-up font trembler les banques », Capital (en ligne), 22 avril 2016, http://www.capital.fr/bourse/dossiers/fintech-ces-start-up-font-trembler-les-banques-1120962# (page consultée le 25 Mai 2016).

Le Partage : Management du futur ?

Le partage comme valeur clé du management en entreprise c’est beaucoup plus qu’un baby-foot dans une salle de repos, c’est une valeur bien plus profonde qui concerne la manière de mener les projets d’une entreprise, de diriger une équipe, de booster la motivation et la créativité de ses employés. Quelques exemples actuels  (AirBnB, Blablacar, Uber …) permettent de penser qu’après avoir modifié notre manière de consommer, le partage pourrait bien être au cœur du management de demain !

Plusieurs projets au sein d’un même espace…

En 2008, La Cantine, en pionnière, s’installe à Paris et impose le coworking en France. Aujourd’hui, elle est devenue un véritable réseau installé au cœur des principales villes françaises et de nombreux autres espaces ont vu le jour. Chaque espace de coworking possède son ambiance mais les valeurs partagées sont les mêmes : accessibilité, ouverture d’esprit et d’espace, entraide, convivialité et économies.

Ces espaces où les coworkers peuvent s’entraider, partager leurs idées et leurs compétences sont donc des lieux propices à une formidable créativité entrepreneuriale. Ce mode de travail permet en bonus d’élargir son réseau et de briser la solitude qui est souvent la cause d’abandons et/ou de démotivation chez certains entrepreneurs. Ainsi, l’expérience du coworking montre que le partage est plus que légitime au sein d’une entreprise et qu’il est une source d’évolution, de convivialité, de motivation et de développement du réseau. Des atouts qui contribuent, entre autre, à la productivité d’une entreprise.

Au Laboikos à Toulouse, nous avons pu rencontrer Raymond Sarr, CEO de Jokosun, une startup qui souhaite décentraliser l’électricité en Afrique rurale afin de pouvoir fournir un maximum de foyers. Ses bureaux sont situés à 2m de ceux d’Applicolis, une jeune entreprise qui met en relation des transporteurs et des commerçants. A première vue, ces startups ont peu de choses en commun, pourtant les compétences commerciales ainsi que les relations de Florent Fournier, cofondateur d’Applicolis, pourraient s’avérer très utiles à Raymond Sarr qui possède un profil ingénieur.

Résoudre des problématiques propres aux entreprises grâce au remue-méninges …

… Où, comment libérer sa créativité en partageant ses idées les plus folles devant son boss ou bien devant des CEO d’entreprises en pleine création. Le brainstorming n’est pas nouveau : Alex F. Osborn l’évoquait déjà en 1953 dans son livre Applied Imagination (1) , mais son utilisation était jusqu’à présent quasiment réservée aux géants de la Silicon Valley comme Google. Aujourd’hui le brainstorming s’est démocratisé et s’avère extrêmement intéressant pour les startups en développement (et pas seulement !). Cet outil intellectuel permet de favoriser un vivier d’idées et encourage tous les acteurs d’une entreprise à s’exprimer, oser et prendre des initiatives. Selon Alex F. Osborn, moins les participants sont spécialisés ou qualifiés plus leurs idées seront bonnes. En effet, l’innocence permet la libération des idées les plus folles mais aussi les plus intéressantes !

Les entreprises utilisent le brainstorming pour répondre à différentes problématiques qui concernent le plus souvent leur business model. De nombreuses pépites sont nées grâce au brainstorming et on peut d’ailleurs se rendre compte que souvent le projet d’origine n’avait aucun rapport avec le modèle de l’entreprise actuelle. C’est le cas de Groupon (2) qui auparavant était destiné à devenir un site de pétitions en ligne ! Plusieurs brainstormings ont conduit les associés à revoir leur modèle et leur objectif de départ.. Cela aurait été dommage de passer à côté d’un tel succès !

Moins de hiérarchie, plus de liberté ..

L’entreprise libérée est un modèle qui connaît un succès grandissant auprès des nouvelles startups et des entreprises novatrices, en apportant de nouvelles solutions. L’entreprise libérée propose un management horizontal. Celui-ci s’oppose à la verticalité encore très majoritaire dans les entreprises où la hiérarchie pyramidale règne en maître.

L’entreprise libérée cherche à casser les codes managériaux actuels et propose une structure où le partage de compétences, le partage d’idées, l’entraide entre les employés et les dirigeants est plus forte que la hiérarchie ‘’classique’’ et que le système Ordre/Obéissance. Au sein de ces entreprises, les employés sont des intrapreneurs responsables, prennent des initiatives et s’impliquent dans les projets, ce qui booste considérablement la productivité, améliore les relations humaines et la responsabilisation de ses acteurs. Il en résulte donc une plus-value incontestable pour le potentiel créatif et qualitatif de l’entreprise.

… Le partage est donc au cœur d’une révolution en ce qui concerne le management. Certaines startups comme La Boutonnière, 1ère plateforme dédiée à la co-création, vont plus loin et sollicitent régulièrement leurs clients pour l’élaboration de leurs produits. Ainsi, l’entreprise Papa Pique et Maman Coud, propose actuellement à ses clientes de dessiner les prochains motifs de la marque ainsi que le design des prochains sacs. Et si nous vous proposions de nous soumettre le thème du prochain article d’Optimize, que choisiriez-vous ?

 

 

Jeanne CABARET

 

Sources :

  • ALEX OSBORN. Applied Imagination : Principles and Procedures of Creative Problem Solving.Charles Scribner’s Sons. 1953