Coupe du monde de l’entrepreneuriat : la victoire danoise ?

L’heure est à la coupe du monde, et si, au sein de leur groupe, les bleus mènent la danse … D’un point de vue entrepreneurial, le grand gagnant serait le Danemark ! En effet, réputé pour sa qualité de vie, Lego, Skype et son système éducatif, ce petit pays de 5,7 millions d’habitants serait l’un des plus favorable à la création d’entreprises. Comment expliquer le succès du modèle danois ?

Une culture de l’entrepreneuriat dès l’école

Le système éducatif danois est sans aucun doute un véritable succès et un élément d’influence majeur dans la réussite entrepreneuriale des habitants du pays, et ce, dès leur plus jeune âge (je pense ici notamment à Cecilie Villadsen qui, âgée seulement de 14 ans et dans le but de se faire de l’argent de poche, décide de coudre des drapeaux américains sur les jeans levis et de les revendre. Aujourd’hui, son entreprise, American Dreams, réalise un chiffre d’affaires de près de 3 millions de couronnes danoises). Cette réussite s’expliquerait par le fait que l’échec n’effraie pas les jeunes danois. Et pour cause, en vue de développer la créativité et l’esprit d’initiative, le système de notation n’apparaîtrait que très tard dans la scolarité des jeunes élèves. Par ailleurs, plusieurs cours sur l’entrepreneuriat et l’innovation, obligatoires pour certains, sont proposés dès le lycée et accompagnent les élèves dans leurs premières tentatives.

Accepter l’échec, ne pas le craindre, s’épanouir personnellement, ne pas avoir peur de prendre des initiatives … Ces valeurs inculquées aux Danois à l’école se retrouvent par la suite dans la culture du pays, et ne peuvent que fournir un environnement idéal et une base solide à l’entrepreneuriat.

Un micro climat plus que favorable

D’autres éléments sont également à prendre en compte, comme le rôle prééminent de l’Etat. En effet, l’administration publique danoise se veut bienveillante et présente pour les entrepreneurs. Ainsi, créer son entreprise au Danemark nécessite un capital minimum d’une couronne danoise (soit 10 centimes d’euros), et moins de cinq minutes. Tout est fait pour faciliter et encourager la profusion de startups.

Par ailleurs, le marché du travail est très flexible. Il est beaucoup plus simple d’embaucher et de licencier. Cette flexibilité se retrouve également dans le système bancaire. Les banques danoises prêtent bien plus facilement aux entrepreneurs et pour cause, les habitants de ce petit pays se font confiance (le Danemark est le pays le moins corrompu du monde).

Et la France ?

« Entrepreneur » est avant tout un mot français. La France demeure un très bon modèle entrepreneurial. Néanmoins, ce match-là semble inégal. Le pays peine toujours à égaliser et le modèle français ne fonctionnerait pas aussi bien que celui de son adversaire, pourquoi ?

Tout d’abord, l’obstacle financier n’est pas à négliger. Le coût de création d’une entreprise freine près de 44% des français. Par ailleurs, il est plus difficile pour les entrepreneurs d’y obtenir des prêts. Ensuite, les procédures administratives, trop nébuleuses ne sont pas sans décourager bon nombre de français. Mais avant tout, c’est la peur du risque, de l’inconnu, de l’échec, bien plus présente dans la société française que danoise, qui freine le développement entrepreneurial du pays. En effet, contrairement au système danois, la culture française est marquée, dès le plus jeune âge, par une forte compétitivité, et une diabolisation de l’échec.

Néanmoins, malgré ces freins, de nombreuses mesures sont prises pour favoriser l’entrepreneuriat (comme la mise en place du PCE, prêt à la création d’entreprise par certaines banques), l’envie et la volonté d’entreprendre demeurent l’élément le plus important dans la construction d’un écosystème propice à l’entrepreneuriat. En 25 ans, ce dernier connaît une progression considérable en France. Elle serait donc première de l’OCDE en 2016 sur l’intention des jeunes de créer leur start up, et 2e européenne sur le capital innovation, la Coporate Ventue capital et enfin la finance participative.

Ainsi, si l’aller de ce match entrepreneurial est marqué par une victoire incontestée du Danemark,  la France garde ses chances de sortir vainqueur du match retour (et peut être même de la coupe du monde de football, qui sait) …

Yasmine El Alami Idrissi

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