Comment réfléchissent ces entrepreneurs à qui tout réussit ?

« La plupart des startups ne passent pas le cap des six ans » entend-on bien trop souvent. En effet, si certaines d’entre elles peuvent ensuite se transformer en grandes entreprises et se positionnent en acteurs majeurs du marché, près de 90% de ces entreprises fraîchement créées n’aboutissent pas et se voient forcées de fermer leurs portes après quelques années d’exercice… En montant leurs entreprises et en vendant leurs idées les entrepreneurs gagnent une bataille, rude, certes, mais pas la guerre. Comment se creusent alors les écarts ?

Bien évidemment, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. La gestion des finances, de l’équipe, la réponse à un besoin de marché, le timing, le pivot (effectué ou non) … sont autant d’éléments déterminants dans le succès ou la faillite d’une entreprise naissante. J’en parlais dans mon dernier article  : le contexte économique, culturel (peur de l’échec, culture de l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge…) et législatif dans lequel évolue la startup est également à ne pas négliger et peut faire toute la différence.

Néanmoins, n’est-ce pas la manière qu’a l’entrepreneur de structurer sa pensée et de la mener à terme qui détermine sa réussite ? Il ne suffirait donc pas d’avoir une bonne idée, aussi révolutionnaire soit-elle, et les moyens de la mener à terme, au risque de tomber dans l’oubli. Pour reprendre les propos de John C Maxwell dans Comment pensent les gens qui réussissent, « une bonne idée ne fait pas une vie prospère ». Prenons l’exemple de Yahoo et Google : les deux entreprises répondent initialement au même besoin, à savoir générer un moteur de recherche performant. L’idée est donc la même. Cependant, la première peinera à perdurer et finira par se faire racheter, tandis que la seconde deviendra l’une des entreprises les plus puissantes de son temps.

L’écart qui se creuse très vite entre les deux géants (avec une part de marché de 91% en France pour Google) peut s’expliquer par la grande capacité d’innovation de cette dernière. En effet, non contente du succès de son idée initiale, Google développe un algorithme visant à améliorer la pertinence des résultats des utilisateurs.

Un entrepreneur qui réussit est d’abord un visionnaire. C’est ce que John Maxwell appelle « Big-Picture thinking » (pensée à large perspective). Quitte à penser, autant penser grand et essayer d’anticiper les besoins et challenges à venir pour asseoir son autorité sur le marché.

Dans Bâties pour durer, Jim Collins décrit sa perception d’une entreprise visionnaire. Pour lui, elle s’apparente à une œuvre d’art : ce n’est pas un seul élément qui fait sa réussite, mais leur synergie, leur travail combiné, en vue de créer cet effet d’ensemble d’où émane la grandeur. C’est pourquoi un entrepreneur qui réfléchit « bien » saurait prendre le recul nécessaire qui sied si bien à la pensée à large perspective. Comment ? En veillant à apprendre continuellement.

Toutefois, John Maxwell nous met en garde, voir grand ne suffit pas, il faudrait également mettre en œuvre plusieurs modes de réflexion comme, entre autres, la pensée focalisée, la pensée créative, la pensée réaliste, la pensée stratégique …

Ainsi, contrairement à ce qu’entend l’opinion populaire, bien réfléchir ne serait pas inné mais bien le fruit d’un long et laborieux apprentissage. Avoir une bonne idée ne garantit pas le succès, parvenir à monter une structure visant à la promouvoir non plus. Réussir implique savoir anticiper les besoins et les difficultés à venir, innover constamment, réfléchir afin d’avoir de nouvelles idées … Finalement,  « tout » ne réussirait pas à ces entrepreneurs victorieux, néanmoins, ce serait grâce à leur réflexion que, confrontés aux mêmes obstacles que leurs concurrents, ils ressortent vainqueurs et endurcis.

Yasmine El Alami Idrissi

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